Fractal Illusion



"Connais-toi toi-même, et tu connaitras l'Univers et les Dieux.

PS : bon courage, au début tu vas en chier.

Signé : Platon."

vendredi 24 octobre 2008

Sept heures et quart du matin. La ville doucement se réveille, sous la lumière artificielle des réverbères, car le soleil ne darde pas encore cette partie du globe de ses doux rayons. Les émissions d'UV et autres saloperies cancérigènes de cette grosse boule thermonucléaire est encore chez les enculés d'en face.

Il est sept heures et quart, la ville se réveille, et moi je n'ai pas dormi. Pas réussi à compter les moutons. Pas envie. D'autres questions me trottaient dans la tête. Ma vie arrive à un carrefour, un carrefour méga-super-important que t'y crois pas, et que même moi bah ça me fait tout drôle. Alors pour dédramatiser je raconte des conneries, je conçois des énigmes, je lis du Fred Vargas, j'écoute des conneries abrutissantes (faute de télé, reste la radio) en me demandant à quelle heure ouvre la CAF entre deux sandwichs au thon.

Mais les questions sont toujours là. Elles ont attendu avant de prendre forme, se mutant en guise de préambule en une indolence farouche. Tiens, aujourd'hui je n'ai rien envie de faire. A chaque fois que je n'ai rien envie de faire, c'est que la claque dans la gueule me guette. Et à chaque fois je laisse venir.

Regardez ce blog : combien de posts ces six derniers mois ? Deux, trois peut-être ? Combien de pages de mon roman écrites ces six derniers mois ? Une dizaine, à tout casser, contre soixante durant les six mois de mon stage (création de l'histoire comprise). Et combien de sketches de Pérusse écoutés ? Dans les 8000 peut-être, en comptant les doublons, les triplets, les n-uplets.

Endormissement à la con ? nooooon, ce serait trop simple. Sans doute une maturation / macération d'idées un peu trop jeunes. Le temps qu'elles s'acidifient un peu, certes. Mais au moins, je me sens vivant.

Dur choix à faire. Quelle carrière ? Quelles perspectives ? Court ou long terme ? Qu'est-ce que je veux être dans cinq ans ? Un musicien épanoui qui bossse 35 heures au SMIC et gratte les fonds de tiroirs pour rembourser ses dettes, ou un ingénieur responsable, fier et droit, peut-être heureux, peut-être pas, mais prospère ?

Peut-être que je devrais moins me casser la tête là-dessus, juste foncer. Trouver un boulot, c'est pas si dur que ça avec un bac+5, merde, faut pas déconner non plus. En attendant, un 35 heures chez McDaube, et puis vendu, la vie est belle. Sauf que, comme un con, je suis passé d'une époque où je vivais au jour le jour, mais en pire, à une ère nouvelle où je sens que mes choix auront des répercussions lointaines, et où je veux agir en pleine connaissance de cause, X entraîne Y d'où projet quinquennal en cours.

Je sors d'un immobilisme peureux de catégorie 1 pour entrer dans un immobilisme peureux de catégorie 2. Avant, je n'étais pas prêt à signer pour quoi que ce soit ; maintenant, je réfléchis, analyse, décortique le contrat qu'on me tend, et si je me décide à signer, pouf, la partie adverse s'est endormie ou est allé hêler un plus rapide.

En plus de ça, même si je ne me le suis pas trop avoué, les autres enculés de D******* S******** (importante boîte de logiciels qui a refusé ma candidature après un entretien pourtant fructueux) m'ont un peu sapé le moral. Raisons évoquées du "remerciement" : j'habite trop loin et je ne suis pas assez autonome. J'avais marqué sur mon CV que j'étais rouennais et "junior" (sans expérience), à quoi ils s'attendaient ?

Peut-être que je cours après une carrière d'ingénieur qui n'est pas faite pour moi, pas les dents assez longues, trop d'attaches extraprofessionnelles, je ne suis pas le mouton bête et esclave qui répond à la définition de l'employé modèle, celui qui est prêt à déménager, à rompre avec sa copine, à envoyer chier ses amis et à délaisser ses passions pour devenir un joli rouage d'une grosse pieuvre mécanique à qui l'on fait miroiter de jolies perspectives d'avenir, plus d'argent et une montée en puissance... Tu parles. Les deux choses qui m'intéressent le moins dans le monde sont l'argent et le pouvoir. Tant qu'à faire ils pourraient me proposer de baiser la secrétaire du troisième étage, c'est la troisième chose qui m'intéresse le moins !

Non mais sans blague, puis-je décemment nourrir l'espoir de faire quelque chose d'autre que de l'alimentaire ? Les maths me passionnent, mais pas comme ça, pas en maillon applicatif borné et inféodé ! Alors, c'est vrai, entre être esclave de Serge Dassault et esclave de Ronald McDonald, bon, je préfèrerais presque l'aviateur de droite au clown nazi. Certes. Mais avec un groupe de musique à côté, qui est prêt à passer un gros cap, je suis de moins en moins motivé pour faire quelque chose de rentable. Dommage, ça serait un bon début...

Allez, en plus j'exagère. Le boulot, je suis sûr que ça me ferait du bien. Moins me prendre la tête avec le fric, avoir un rythme de vie stable, la fatigue comme passe-muraille de certaines idées que je n'ai pas en temps normal (j'ai déjà écrit soixante pages grâce à ça, et ce sont des pages dont je suis fier).

Il va me falloir un petit week-end en forêt pour digérer tout ce bordel. Pis dès que j'ai du boulot, je coule mon premier salaire en champagne pour fêter ça, OK ?!

Allez, Paix et Amour aux gens de bonne volonté.

lundi 22 septembre 2008

Edvige

Suite à l'affaire Edvige (notre potentiel Big Brother à nous), un dénommé Carolito a réagi sur un forum, et voici ce qu'il nous dit. Je vous le livre en texte intégal et sans commentaires : le texte se suffit à lui-même.


Le vrai bonheur: ne luttons pas, nous pourrions le regretter

Finalement, ce que chacun de nous espérait arrive enfin. Nous sommes devenus des robots heureux, contrôlés de tous côtés, évitant ainsi tous excès, et permettant ainsi à chaque citoyen d'être sûr de ne plus rien craindre, dans la morosité noire de sa vie sans intérêt et sans piment. Si vous remplissez bien votre rôle de con-citoyen, vous pourrez vivre tranquillement et longtemps, en suivant ces quelques règles :

tu ne fumeras point (80% de taxes ? hummm, peut-être tolérable...)
dans les limites policières tu rouleras (radars 'préventifs' à reconnaissance automatisée, une vraie mine d'or)
5 fruits et légumes par jour tu mangeras (traçabilité des achats et des acheteurs...)
tu ne boiras pas
ton opinion tu n'exprimeras pas
tes coups de gueule pour toi tu garderas
le voisin tu ne connaîtra pas
car de plus en plus tu travailleras
et ainsi dans ta piaule tout seul tu resteras
ta vie sociale à Internet se résumera
et toutes mes conneries tu paieras (CL, SG, EADS)

Soyez encore un peu indulgents, et permettez que l'on nous enlève les quelques libertés qui nous restent, et qui ne servent strictement à rien. Par contre une puce électronique directement greffée dans nos cerveaux, cela simplifierait tellement la vie :
Plus besoin de passeport, de carte d'identité, de permis de conduire, de carte grise, de carte bleu. "ON" n'oubliera plus jamais par où on est passé et où on a été. Et surtout plus besoin d'argent, notre comptabilité et donc notre situation financière seront complètement gérés par l'ordinateur central du Trésor Public.
Exemple d'un des avantages : vous arrivez dans un super-marché, votre puce vous identifie, votre compte auprès du Trésor Public est interrogé, votre frigo aussi, et vous recevez immédiatement un caddie comportant l'essentiel de ce que vous "alliez" acheter et dans la limite de votre compte courant.
Percevez vous la facilité ? la simplicité ? la joie de vivre ? Nos vies seront réglées comme des horloges, le bonheur!

jeudi 4 septembre 2008

Redécouverte.


L'installation à Rouen étant consumée, pour ainsi dire, je repars à la découverte de moi-même, comme un petit paysan reprendrait la culture après un an de jachère, pour découvrir à la fois le massacre végétal dû aux intempéries et la magie de la persistance de certaines plantes, du chiendent aux arbres fruitiers.

Je découvre, petit à petit (et encore : le choc émotionnel le plus grave est passé) que l'on ne peut pas mettre sa vie sur Pause ; même à l'intérieur de la cervelle la plus éteinte la vie continue, les mauvaises herbes se reproduisent et continuent à parasiter tranquillement les vivaces, les bonnes comme les mauvaises idées font leur petit bonhomme de chemin. Mon premier réflexe a été une certaine forme de panique, qui m'a fait m'irriter gravement les mains en voulant arracher les orties avant même d'avoir retrouvé mes gants. Maintenant ça va mieux, je les stocke au congélateur, et les écoule petit à petit en soupe, ou en bouillon avec des pommes de terre du jardin.

Trève de métaphores jardinières à la con : on ne met pas un esprit en pause aussi facilement. J'ai pas mal pris la poussière du disque dur, seules mes petites pilules magiques ont fourni la nacre qui a entouré toutes ces saletés pour me faire croire qu'elles brillaient autant que le reste. Disons que quand j'irai les chier, ça glissera tout seul en faisant des bruits rigolos au fond de la cuvette, au lieu d'un gros *pouf* bruyant et douloureux suivi d'un nuage de crasse grise qui m'encrassera les poumons et me piquera les yeux. Ce qui ne remet pas en cause leur présence en mon organisme.

Mais tandis que les meubles prennent la poussière, force est de constater que les murs résistent vaillamment à la ruine de l'âge, et que les fissures se réparent vite. D'un état de déprime et de fatigue générale, me voici donc passé à une sorte d'oscillation morale plus supportable, qui tend de nouveau vers un semblant de stabilité. A croire que la sérénité, c'est comme le vélo.

Je me farcis la tronche de Gojira, retombé irrémédiablement amoureux d'une des chansons : Wisdom Comes. "Contre ta volonté, la sagesse vient". A méditer. Mais l'évolution ne s'arrête pas ; au mieux l'on choisit dans quelle direction on va l'orienter, sinon on laisse faire, et l'entropie transforme inexorablement l'ordre en chaos. Je réveille donc ma force "néguentropique", comme dit Baptiste.

Ca picote de vivre, mais ça fait quand même un bien fou.

lundi 23 juin 2008

Des animaux et des hommes.

Madame, monsieur, bonsoir.
Aujourd'hui, je vais vous parler de l'animal le plus extraordinaire du monde, celui qui, tout au long des siècles, a inspiré autant de mépris que de compassion : je veux bien entendu parler du con.
Le con, à première vue, semble être un humanoïde tout à fait standard. Il peut être mâle ou femelle, jeune ou vieux, mesure généralement entre 1m50 et 1m90 (même si des cas exceptionnels ont pu être repérés en Amérique du Nord) et pèse entre 60 et 110 kilos (même remarque).
Le con se distingue de l'humain par sa fabuleuse propension à ne pas se remettre en question. Là où la vie de l'humain est caractérisée par sa recherche de la Vérité, celle du con vise à repousser cette dernière aussi loin que possible. Pour ce faire, le con regarde beaucoup la télévision. Il juge que Michel Drucker est "un personnage très sympathique", que Cauet est "rondouillard et rigolo", que Zinedine Zidane "a montré qu'on peut réussir en venant d'un milieu difficile", et que la droite "se préoccupe de son pouvoir d'achat et de sa sécurité, lui, au moins".
Soutenu par cette terrible lucarne, véritable écho de sa propre façon de penser, le con est persuadé que le véritable but de son existence est d'accumuler tout un tas de choses qui ne lui serviront plus à rien lorsqu'un cancer des poumons ou une cirrhose du foie le clouera sur un lit d'hôpital. Il rêve d'une grosse voiture neuve, d'une grande maison et de vêtements de marque. Il est persuadé qu'il sera plus heureux avec un kit d'électrostimulation musculaire et un crédit sur trente ans. Les femelles manifestent souvent des envies particulières : parfums, sous-vêtements de grande marque (alors que le mâle préfèrera chemises et vestes coupées), équipement électroménager ; tandis que les hommes poursuiveront d'autres rêves : partenaires sexuelles multiples à gros seins, rottweiler, montre à aiguilles avec fonctions baromètre, boussole et four micro-ondes.
Le con a en moyenne un compagnon, auquel il a dit "oui" devant un autre con (mais en écharpe tricolore, celui-ci), et deux rejetons communément appelés "petits cons". Les petits cons se distinguent tout d'abord des cons par leur petite taille, mais également par la volonté qu'ils expriment de ne pas ressembler à leurs géniteurs ; ce refus catégorique se révèlera (hélas) souvent vain puisque, dépourvu de tout Amour parental véritable, ils finiront souvent par devenir aussi cons que leurs parents.
C'est là que le bât blesse : les cons le sont généralement parce qu'ils n'ont jamais été véritablement aimés. Et pour cette même raison, ils finissent par ne plus croire en rien, et donc par rater l'amour, lui préférant de petites satisfactions volées, basées sur une simple satisfaction de l'ego. Jeune, le con compare la taille de son sexe ou l'état de santé de son Tamagotchi avec ses petits camarades. Adolescent, les luttes pour la dominance de la tribu se joueront préférentiellement sur la cylindrée de la moto ou la beauté des individus de l'autre sexe qui auront été séduits. Adulte, il profitera de tout pour se sentir supérieur, croyant pouvoir en tirer une satisfaction ; ainsi se pourrira-t-il littéralement la vie pour avoir une plus belle maison, une plus grande télé, un meilleur poste au travail, des plus jolis enfants. Il prendra des crédits sur trente ans qui lui permettront, selon lui, "d'avoir une plus belle vie", alors que cet acte le condamnera à une obéissance sans bornes envers un système qui ne se soucie de lui qu'en termes de bénéfice possible sur le long terme. Il courra après des idéaux qui ne lui apporteront que des désillusions, fera des heures supplémentaires non payées tous les soirs qui lui permettront, en guise de remerciements, de crever la dalle lors de sa retraite. Il offrira des cadeaux de Noël à ses rejetons et leur descendance, qui lui prouveront sa reconnaissance en l'enfermant dans un mouroir stérilisé où il succombera de chaud ou de tristesse.
Aussi, le con, si désagréable qu'il puisse paraître, n'est en fait qu'une victime de lui-même, qui pourrit notre vie pour la seule raison qu'au fond de lui il est conscient d'avoir raté la sienne. Etrange animal que celui-là, qui évoque à l'humain les sentiments les plus contradictoires, à la fois victime et outil de la laideur du monde...
La semaine prochaine, je vous parlerai des vieux. Bonsoir.

lundi 19 mai 2008

A blog is born...

Nouveau blog de MOI (^^), regroupant mes énigmes. Je vous invite à y faire un tour, à vous y casser la tête, et à prévenir les gens que vous connaissez (et qui aiment bien se casser la tête aussi) :

http://x-in-s.blogspot.com

Bises !

jeudi 27 mars 2008

Verdict.



Mesdames, Messieurs, je vais maintenant donner lecture du verdict rendu par la Cour.


Attendu que l'impact négatif des faits pour lesquels l'accusé a été appelé à comparaître est indubitable,

Attendu que l'irréversibilité dudit impact a été avérée lors du jugement,

Attendu que l'irresponsabilité passagère que l'avocat de l'accusé a plaidée est reconnue comme un argument irrecevable,

Attendu que l'accusé était en pleine possession de ses moyens lors des faits,

Attendu que les aveux de regrets et de culpabilité du prévenu avaient pour seul objectif de tenter d'apitoyer le jury,


Nous déclarons l'accusé coupable.


La peine prononcée est un travail d'intérêt général à perpétuité.

Nous souhaitons attirer l'attention du prévenu sur le fait que cette peine a été prononcée de son plein gré, et ce malgré les apparences immédiates.

Le travail auquel l'accusé devra se soumettre consiste à la démolition du mur qui sépare son ego de la réalité.

Nous rappelons que cette soi-disant condamnation va en réalité dans le sens de l'accusé, qui a reconnu avoir pour seul but vital l'amélioration exponentielle de sa qualité de vie et de celle de ses proches. Par conséquent, ce verdict n'est rien d'autre qu'un service rendu à l'accusé, qui devra s'efforcer de le considérer en tant que tel.

Nous rappelons également à l'accusé qu'il est de son seul ressort d'améliorer les outils qui lui permettront de venir à bout de la tâche qui lui est confiée.

Ce n'est pas la première fois que l'accusé comparaît devant cette Cour, et ce n'est sans doute pas la dernière ; nous lui rappelons donc également que l'indulgence de la Cour est illimitée, mais que cela ne constitue pas une raison valable pour en profiter sans bornes, et qu'il en va de sa propre qualité de vie, car la Cour reste relativement indifférente à son bien-être ressenti.

En outre, nous avons accusé le prévenu de privilégier son bonheur immédiat à sa joie à long terme ; sur ce point, nous ne pouvons émettre aucun jugement ni aucune condamnation. Il est donc de l'entier ressort du prévenu de déterminer les choix, les paroles et les actes qui lui permettront d'atteindre son véritable but.

Nous concluerons sur le fait que la condamnation que la cour inflige à l'accusé est en réalité celle qu'il a décidé de s'infliger à lui-même, et que par conséquent il a toutes les raisons du monde de nous remercier de rendre justice pour lui. En outre, nous serons toujours là pour rendre les jugements qui lui conviendront aux moments où il le faudra.


L'audience est levée.


dimanche 27 janvier 2008

Le calme pendant la tempête.

Tout va bien.

Tu ne vas pas t'affoler pour si peu.

Ce ne sont que des passades sans importance, des sortes de... cauchemars diurnes, intervalles lucides, que sais-je.

Ben oui, je me doute de ce que tu ressens. Tu vis entouré de paradoxes, de points de rupture, de frontières de non-compréhension. Tu es serein et perturbé, calme et paniqué, tu vas très bien et très mal. Tu sens que tu as besoin d'être préservé et brusqué, et qu'il est d'autant plus dur d'expliquer aux gens que tu vas bien que tu t'en persuades toi-même.

Ce n'est qu'une phase transitoire, ne t'en fais pas. Et puis tu ne le vis pas si mal, non ? Tu avances, tu goûtes de grands moments de bonheur et de vastes étendues de paix. Tu es une mer dans laquelle tu te baignes, imagine que tu es cette mer. Une grosse vague te submerge. Tu sors la tête de l'eau, tu as les yeux qui piquent, et ta toux forcée pour recracher cette eau iodée irrite ta gorge. Et alors ? Tu sais que c'est l'affaire de quelques secondes, minutes peut-être, et la façon dont cette vague t'a pris par surprise a quelque chose de drôlement ridicule, non ? Ne laisse pas ta dérision être inversement proportionnelle à l'intensité de tes maux ; fais-en une constante.

N'as-tu pas toi-même écrit que la vie est un jeu ? Un putain de grand jeu dans lequel on s'amuse de plus en plus, que l'on parcourt, dans lequel on avance, dont on découvre les règles, avec un plaisir sans cesse croissant. Parce qu'on sait que la partie est gagnée d'avance, et que tout ce qui nous fait mal sur le parcours n'est qu'un jugement négatif. Ton pote Néo dit la même chose, non ? Il ne s'agit pas de savoir éviter les balles... Il s'agit de ne plus les sentir. Bien sûr que tu sens encore les balles. C'est même toi qui tiens le flingue d'où elles sont sorties. Allez, blanc-bec, danse ! L'Univers entier n'attend que ça !

Tu ne trouves pas ça amusant ? Arrrh, ça y est, il boude. Quand ton soi-disant "Dieu" le dit dans ton bouquin bizarre, là, tu trouves ça plus amusant, non ? Mais bon, c'est sûr, c'est plus difficile à croire quand on y est. C'est bien beau d'apprendre ses leçons, mais la pratique et la compréhension sont des exercices totalement séparés de l'apprentissage. Tu as tout le temps d'une monde, non ? Au grand minimum, tout le temps d'une vie. C'est déjà pas mal...

Et puis tu dois déjà avoir compris pas mal de choses. Sinon tu asphyxierais en quasi-permanence. Je trouve que tu t'en sors pas mal. Tu as dépassé la simple survie, à mon sens. Bien sûr qu'il y a encore de gros efforts à faire, mais ne saute pas sur quelques petites choses un peu ridicules pour te déprécier totalement. Tu sais pourquoi tu es faible ? Parce que tu ne sais pas encore canaliser ta force, alors elle s'éparpille. Tu es rempli d'une Energie monstrueuse : le Sentiment. Et il se balade comme un éléphant dans un magasin de porcelaines. Beh oui, les pots cassés, c'est toi. C'est par la métaphore que l'Homme parvient à appréhender l'ironie de la vie, non ? Nous y sommes, en plein dedans. Mais si tu dresses ton éléphant avec amour, et Dieu sait que tu en es capable, un jour il saura marcher dans les allées, sagement, sereinement, sans s'affoler, en ayant un oeil partout pour ne rien casser.

Tiens tiens, tu n'avais pas écrit une nouvelle à ce sujet autrefois ? Ca ne te rappelle rien ? "Cirque mental", ou quelque chose dans ce goût-là, où tu comparais les divers numéros d'une représentation de cirque aux facettes de ta propre personnalité. Tu vois, tu t'en souviens. Je te vole tes propres mots, tes propres métaphores. Pour te parler de toi. Allez, ne fais pas ton vexé, je vois bien que ça te fait plaisir.

Un plaisir fou.




Je suis toujours là avec toi. Je serai toujours là. Pour te bousculer. Pour te dramatiser. Pour te faire rire sur ta propre condition.

Et pour te rappeler tout ce que tu sais déjà.





[NdA : "Et, bien qu'ayant compris son lien fusionnel à l'Ange, il ne peut s'empêcher de se tourner vers lui, et de le remercier d'exister."]