Sept heures et quart du matin. La ville doucement se réveille, sous la lumière artificielle des réverbères, car le soleil ne darde pas encore cette partie du globe de ses doux rayons. Les émissions d'UV et autres saloperies cancérigènes de cette grosse boule thermonucléaire est encore chez les enculés d'en face.
Il est sept heures et quart, la ville se réveille, et moi je n'ai pas dormi. Pas réussi à compter les moutons. Pas envie. D'autres questions me trottaient dans la tête. Ma vie arrive à un carrefour, un carrefour méga-super-important que t'y crois pas, et que même moi bah ça me fait tout drôle. Alors pour dédramatiser je raconte des conneries, je conçois des énigmes, je lis du Fred Vargas, j'écoute des conneries abrutissantes (faute de télé, reste la radio) en me demandant à quelle heure ouvre la CAF entre deux sandwichs au thon.
Mais les questions sont toujours là. Elles ont attendu avant de prendre forme, se mutant en guise de préambule en une indolence farouche. Tiens, aujourd'hui je n'ai rien envie de faire. A chaque fois que je n'ai rien envie de faire, c'est que la claque dans la gueule me guette. Et à chaque fois je laisse venir.
Regardez ce blog : combien de posts ces six derniers mois ? Deux, trois peut-être ? Combien de pages de mon roman écrites ces six derniers mois ? Une dizaine, à tout casser, contre soixante durant les six mois de mon stage (création de l'histoire comprise). Et combien de sketches de Pérusse écoutés ? Dans les 8000 peut-être, en comptant les doublons, les triplets, les n-uplets.
Endormissement à la con ? nooooon, ce serait trop simple. Sans doute une maturation / macération d'idées un peu trop jeunes. Le temps qu'elles s'acidifient un peu, certes. Mais au moins, je me sens vivant.
Dur choix à faire. Quelle carrière ? Quelles perspectives ? Court ou long terme ? Qu'est-ce que je veux être dans cinq ans ? Un musicien épanoui qui bossse 35 heures au SMIC et gratte les fonds de tiroirs pour rembourser ses dettes, ou un ingénieur responsable, fier et droit, peut-être heureux, peut-être pas, mais prospère ?
Peut-être que je devrais moins me casser la tête là-dessus, juste foncer. Trouver un boulot, c'est pas si dur que ça avec un bac+5, merde, faut pas déconner non plus. En attendant, un 35 heures chez McDaube, et puis vendu, la vie est belle. Sauf que, comme un con, je suis passé d'une époque où je vivais au jour le jour, mais en pire, à une ère nouvelle où je sens que mes choix auront des répercussions lointaines, et où je veux agir en pleine connaissance de cause, X entraîne Y d'où projet quinquennal en cours.
Je sors d'un immobilisme peureux de catégorie 1 pour entrer dans un immobilisme peureux de catégorie 2. Avant, je n'étais pas prêt à signer pour quoi que ce soit ; maintenant, je réfléchis, analyse, décortique le contrat qu'on me tend, et si je me décide à signer, pouf, la partie adverse s'est endormie ou est allé hêler un plus rapide.
En plus de ça, même si je ne me le suis pas trop avoué, les autres enculés de D******* S******** (importante boîte de logiciels qui a refusé ma candidature après un entretien pourtant fructueux) m'ont un peu sapé le moral. Raisons évoquées du "remerciement" : j'habite trop loin et je ne suis pas assez autonome. J'avais marqué sur mon CV que j'étais rouennais et "junior" (sans expérience), à quoi ils s'attendaient ?
Peut-être que je cours après une carrière d'ingénieur qui n'est pas faite pour moi, pas les dents assez longues, trop d'attaches extraprofessionnelles, je ne suis pas le mouton bête et esclave qui répond à la définition de l'employé modèle, celui qui est prêt à déménager, à rompre avec sa copine, à envoyer chier ses amis et à délaisser ses passions pour devenir un joli rouage d'une grosse pieuvre mécanique à qui l'on fait miroiter de jolies perspectives d'avenir, plus d'argent et une montée en puissance... Tu parles. Les deux choses qui m'intéressent le moins dans le monde sont l'argent et le pouvoir. Tant qu'à faire ils pourraient me proposer de baiser la secrétaire du troisième étage, c'est la troisième chose qui m'intéresse le moins !
Non mais sans blague, puis-je décemment nourrir l'espoir de faire quelque chose d'autre que de l'alimentaire ? Les maths me passionnent, mais pas comme ça, pas en maillon applicatif borné et inféodé ! Alors, c'est vrai, entre être esclave de Serge Dassault et esclave de Ronald McDonald, bon, je préfèrerais presque l'aviateur de droite au clown nazi. Certes. Mais avec un groupe de musique à côté, qui est prêt à passer un gros cap, je suis de moins en moins motivé pour faire quelque chose de rentable. Dommage, ça serait un bon début...
Allez, en plus j'exagère. Le boulot, je suis sûr que ça me ferait du bien. Moins me prendre la tête avec le fric, avoir un rythme de vie stable, la fatigue comme passe-muraille de certaines idées que je n'ai pas en temps normal (j'ai déjà écrit soixante pages grâce à ça, et ce sont des pages dont je suis fier).
Il va me falloir un petit week-end en forêt pour digérer tout ce bordel. Pis dès que j'ai du boulot, je coule mon premier salaire en champagne pour fêter ça, OK ?!
Allez, Paix et Amour aux gens de bonne volonté.
Il est sept heures et quart, la ville se réveille, et moi je n'ai pas dormi. Pas réussi à compter les moutons. Pas envie. D'autres questions me trottaient dans la tête. Ma vie arrive à un carrefour, un carrefour méga-super-important que t'y crois pas, et que même moi bah ça me fait tout drôle. Alors pour dédramatiser je raconte des conneries, je conçois des énigmes, je lis du Fred Vargas, j'écoute des conneries abrutissantes (faute de télé, reste la radio) en me demandant à quelle heure ouvre la CAF entre deux sandwichs au thon.
Mais les questions sont toujours là. Elles ont attendu avant de prendre forme, se mutant en guise de préambule en une indolence farouche. Tiens, aujourd'hui je n'ai rien envie de faire. A chaque fois que je n'ai rien envie de faire, c'est que la claque dans la gueule me guette. Et à chaque fois je laisse venir.
Regardez ce blog : combien de posts ces six derniers mois ? Deux, trois peut-être ? Combien de pages de mon roman écrites ces six derniers mois ? Une dizaine, à tout casser, contre soixante durant les six mois de mon stage (création de l'histoire comprise). Et combien de sketches de Pérusse écoutés ? Dans les 8000 peut-être, en comptant les doublons, les triplets, les n-uplets.
Endormissement à la con ? nooooon, ce serait trop simple. Sans doute une maturation / macération d'idées un peu trop jeunes. Le temps qu'elles s'acidifient un peu, certes. Mais au moins, je me sens vivant.
Dur choix à faire. Quelle carrière ? Quelles perspectives ? Court ou long terme ? Qu'est-ce que je veux être dans cinq ans ? Un musicien épanoui qui bossse 35 heures au SMIC et gratte les fonds de tiroirs pour rembourser ses dettes, ou un ingénieur responsable, fier et droit, peut-être heureux, peut-être pas, mais prospère ?
Peut-être que je devrais moins me casser la tête là-dessus, juste foncer. Trouver un boulot, c'est pas si dur que ça avec un bac+5, merde, faut pas déconner non plus. En attendant, un 35 heures chez McDaube, et puis vendu, la vie est belle. Sauf que, comme un con, je suis passé d'une époque où je vivais au jour le jour, mais en pire, à une ère nouvelle où je sens que mes choix auront des répercussions lointaines, et où je veux agir en pleine connaissance de cause, X entraîne Y d'où projet quinquennal en cours.
Je sors d'un immobilisme peureux de catégorie 1 pour entrer dans un immobilisme peureux de catégorie 2. Avant, je n'étais pas prêt à signer pour quoi que ce soit ; maintenant, je réfléchis, analyse, décortique le contrat qu'on me tend, et si je me décide à signer, pouf, la partie adverse s'est endormie ou est allé hêler un plus rapide.
En plus de ça, même si je ne me le suis pas trop avoué, les autres enculés de D******* S******** (importante boîte de logiciels qui a refusé ma candidature après un entretien pourtant fructueux) m'ont un peu sapé le moral. Raisons évoquées du "remerciement" : j'habite trop loin et je ne suis pas assez autonome. J'avais marqué sur mon CV que j'étais rouennais et "junior" (sans expérience), à quoi ils s'attendaient ?
Peut-être que je cours après une carrière d'ingénieur qui n'est pas faite pour moi, pas les dents assez longues, trop d'attaches extraprofessionnelles, je ne suis pas le mouton bête et esclave qui répond à la définition de l'employé modèle, celui qui est prêt à déménager, à rompre avec sa copine, à envoyer chier ses amis et à délaisser ses passions pour devenir un joli rouage d'une grosse pieuvre mécanique à qui l'on fait miroiter de jolies perspectives d'avenir, plus d'argent et une montée en puissance... Tu parles. Les deux choses qui m'intéressent le moins dans le monde sont l'argent et le pouvoir. Tant qu'à faire ils pourraient me proposer de baiser la secrétaire du troisième étage, c'est la troisième chose qui m'intéresse le moins !
Non mais sans blague, puis-je décemment nourrir l'espoir de faire quelque chose d'autre que de l'alimentaire ? Les maths me passionnent, mais pas comme ça, pas en maillon applicatif borné et inféodé ! Alors, c'est vrai, entre être esclave de Serge Dassault et esclave de Ronald McDonald, bon, je préfèrerais presque l'aviateur de droite au clown nazi. Certes. Mais avec un groupe de musique à côté, qui est prêt à passer un gros cap, je suis de moins en moins motivé pour faire quelque chose de rentable. Dommage, ça serait un bon début...
Allez, en plus j'exagère. Le boulot, je suis sûr que ça me ferait du bien. Moins me prendre la tête avec le fric, avoir un rythme de vie stable, la fatigue comme passe-muraille de certaines idées que je n'ai pas en temps normal (j'ai déjà écrit soixante pages grâce à ça, et ce sont des pages dont je suis fier).
Il va me falloir un petit week-end en forêt pour digérer tout ce bordel. Pis dès que j'ai du boulot, je coule mon premier salaire en champagne pour fêter ça, OK ?!
Allez, Paix et Amour aux gens de bonne volonté.








